Travail à la chaleur et Covid-19: prévenir les risques

L’été se profile et avec lui, ses vagues de chaleur successives. Travailler quand le thermomètre s’affole expose à des risques pour la santé. Tour d’horizon des précautions à prendre, pour se prémunir des accidents liés à la chaleur, organiser le travail et protéger les salariés, dans un contexte de risque épidémique toujours présent

Tous les salariés sont vulnérables à la chaleur… et certains, plus que d’autres

Quand il fait chaud, on transpire, pour évacuer la chaleur dans l’air ambiant et maintenir la température interne de l’organisme autour de 37°C. Le mécanisme de transpiration est donc vital pour le corps humain.

Indépendamment de leur âge, certains travailleurs régulent moins bien leur température interne que d’autres et sont particulièrement vulnérables à la chaleur : mécanismes physiologiques de régulation de la température moins efficaces, perturbés, ou mis à rude épreuve, moindre appréciation du risque, ou alimentation déséquilibrée.   

>Les travailleurs en extérieur, exposés aux rayons du soleil et/ou exposés à des contraintes biomécaniques (travail physique)
>Les travailleurs en intérieur, exposés à une ambiance chaude et/ou mal ventilée.

Et aussi : les femmes enceintes, les travailleurs souffrant de maladies chroniques, les travailleurs prenant certains médicaments, les travailleurs handicapés, les travailleurs isolés, les travailleurs précaires.

Fatigue et maux de tête : vous êtes peut-être déshydraté

Les signes d’alerte :

  • Vous avez soif, mal à la tête, des crampes…
  • Vous ressentez une fatigue anormale, une perte de force…
  • Vos urines sont foncées.

La déshydratation traduit un manque d’eau dans l’organisme, qu’il faut compenser, en buvant suffisamment d’eau, tout au long de la journée, par petites gorgées et de préférence, avant de ressentir la soif.

Si vous travaillez à l’extérieur, buvez jusqu’à 3 litres d’eau par jour.

Si vous portez un masque, lavez-vous les mains et éloignez-vous de vos collègues à une distance de 2 mètres. Manipulez le masque par l’un des élastiques et laissez-le pendre sur le côté du visage. Buvez et replacez le masque. Lavez-vous les mains de nouveau.

>A retenir :

La déshydratation peut conduire au coup de chaleur ou accentuer des risques de décompensation de problèmes de santé pré-existants.

  • Boire de l’eau en excès peut entrainer une perte de sel dans l’organisme. Les travailleurs doivent veiller à prendre au moins trois repas complets et variés par jour, quitte à fragmenter l’alimentation, lorsque la chaleur rime avec perte d’appétit.
  • De même, évitez la consommation d’alcool par fortes chaleur, même après le travail. L’alcool perturbe le fonctionnement des reins et entraine une perte d’eau plus importante.

Attention au coup de chaleur !

Quand il fait chaud, on transpire … Et, le contraire est inquiétant.

>Lorsque le corps n’est plus en mesure de réguler sa température grâce à la transpiration, les fonctions vitales de l’organisme sont menacées. Il s’agit d’une urgence médicale.

>Je m’inquiète, si un collègue présente les signes suivants :

  • Sa peau est chaude et sèche,
  • Il présente un état de malaise, a des nausées, des étourdissements, des maux de tête, ne parvient pas à s’exprimer correctement ou tient des propos peu cohérents, ou perd conscience. (Autre signe : urines en faibles quantité)

Conduite à tenir :
>Frictionnez vos mains avec du gel hydro-alcoolique et portez un masque chirurgical ou grand public de catégorie 1
>Installez le collègue au sol, sur le côté, à l’abri du soleil et si possible, dans un endroit ventilé.
>Sollicitez immédiatement un Sauveteur Secouriste du Travail.
>En l’absence d’un SST, appelez le 15 et conformez-vous aux consignes qui vous seront données par le médecin régulateur du SAMU.

Le rôle prépondérant de l’employeur

Le Document Unique :

>Identifiez et évaluez le risque d’exposition de vos salariés à la chaleur dans toutes les situations de travail représentatives de votre activité.
>Mettez en œuvre des actions de prévention et évaluez l’effet de ces actions régulièrement.

Organisation du travail :

>Dans la mesure du possible, organisez le travail pour limiter l’exposition à la chaleur.

Exemple : avancez (à la fraîche !) ou retardez (soleil couchant) la plage horaire de réalisation des travaux.

>Dans le secteur du BTP et pour tous les travaux situés à l’extérieur, prévoyez un local de repos adapté et organisez des prises de pauses régulières, dans des conditions où le corps peut se rafraîchir.

Ventilation/climatisation :

La circulation de l’air (frais, si possible), facilite l’évacuation de la chaleur corporelle et évite l’aérosolisation de particules virales.

Prévoir des mesures de renouvellement de l’air (en 2 points d’entrée, ou par système de ventilation/climatisation adapté) :
>Pour éviter l’élévation de la température dans les locaux fermés
>Et éviter la mise en suspension dans l’air du SARS Cov-2

Hydratation :

>Mettez à disposition de l’eau potable et fraîche. Pour les travaux physiques et/ou en extérieur, prévoyez 3 litres d’eau au minimum, par jour et par salarié.

Sensibilisez les salariés à la nécessité de s’hydrater très régulièrement, en petites quantités.

Équipements et EPI :

>Veillez à ce que le port des protections individuelles et les équipements de protection des engins soient compatibles avec les fortes chaleurs : privilégiez les matières « respirantes », qui laissent passer la transpiration.

>Le recours à des aides à la manutention permet de diminuer les efforts physiques et de limiter la montée en température de l’organisme : charriots, tire-palettes, diables…

>Les « bons gestes » et les « bonnes postures » permettent de limiter les contraintes physiques qui s’exercent sur le corps. Moins d’efforts = montée en température limitée + moins de risques d’accidents. Faites former vos salariés.

>Portez une attention particulière aux conducteurs d’engins ou de véhicules (habitacles climatisés, pauses à température régulée plus fréquentes, hydratation dans la cabine).

>Soyez attentifs au bien-être de vos personnels plus jeunes, ou au contraire, plus âgés, plus vulnérables aux fortes chaleurs.
>Enfin, veillez au respect des pauses repas par vos salariés. Faites en sorte que chacun ait le temps de s’alimenter et de se reposer correctement, avant de reprendre le travail.

Vigilance orange et rouge : Les obligations de l’employeur

Le dispositif d’alerte de Météo-France

Les 3 niveaux de vigilance météorologique

Vos obligations en cas de vigilance rouge 

>Réévaluation quotidienne des risques auxquels vos salariés sont exposés :

  • Évolution de la température au cours de la journée
  • Nature des travaux effectués et charge physique
  • Âge et état de santé des travailleurs

>Adapter les conditions de travail :

  • Aménagement de la charge de travail pendant toute la durée de la période de vigilance rouge
  • Réexamen de la liste de personnes vulnérables pouvant bénéficier du télétravail, à condition que le télétravail permette de garantir de meilleures conditions de travail au domicile.
  • Arrêt des travaux, en cas d’impossibilité de garantir un environnement de travail garantissant la sécurité des travailleurs.

Indemnisation ou récupération des heures perdues pour cause de canicule en cas d’activation du niveau orange ou rouge par Météo France

Pour toute question relative à l’aménagement des postes de travail de vos salariés par fortes chaleurs, contactez votre centre de santé au travail. Un membre de l’équipe pluridisciplinaire reviendra vers vous dans les plus brefs délais pour vous accompagner

Sources :

Santé Publique France
Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion
INRS

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